Auteur : question => inconnu, réponse Christian DUPONT
la question ?
Bonjour,
Tout d’abord, je tiens à vous remercier pour votre travail de qualité sur le pansement du PICC line. Je me permets de vous adresser une interrogation personnelle. La méthode de pansement me semble adéquate, mais je ne comprends pas l’intérêt d’utiliser une paire de gants stériles pour le nettoyage de la peau.
Pour rappel, le nettoyage doit être effectué selon les recommandations des hygiénistes, uniquement sur une peau visiblement sale donc il n’est pas systématique.
Quel est le but de cette première paire de gants stériles (pour le nettoyage), et sur quelles recommandations vous basez vous pour leurs utilisations ?
Cette pratique semble ajouter un coût superflu, ainsi qu’une augmentation des déchets.
Dans l’attente de lire votre réponse, je vous prie d’agréer mes salutations distinguées.
Réponse de Christian DUPONT
Cher collègue,
Merci pour l’intérêt que vous portez au travaux de notre association. Je vous propose de voir ce que disent les recommandations au sujet du point que vous soulevez. Elles émanent de la Société Française d’Hygiène Hospitalière et datent de 2013.
R.52. De manière à limiter les mobilisations accidentelles du PICC, le pansement transparent semi-perméable doit être retiré par étirement (AF). Pour le retrait du système de fixation spécifique («stabilisateur»), il n’y a pas de consensus sur le type de gants à porter (stériles à usage unique, versus non stériles avec des compresses stériles imprégnées d’antiseptique alcoolique).
R.53. Cependant, si des gants stériles ont été utilisés pour l’ablation du système de fixation, ils sont changés pour les manœuvres suivantes (AF).
R.54. La technique de réfection du pansement répond aux mêmes principes de préparation cutanée que lors de la pose, en respectant les différents temps de l’antisepsie (détersion, rinçage, séchage, application d’un antiseptique alcoolique) (AF). Pour l’antisepsie cutanée, la mise en place du nouveau système de fixation spécifique (« stabilisateur »), et la mise en place du pansement, l’opérateur porte des gants stériles (AF).
Donc le retrait du fixateur adhésif avec des gants stériles ne faisaient déjà pas consensus il y a 11 ans !
Pourquoi ? Parce que retirer un dispositif qui se trouvait sous un pansement qui n’était plus considéré comme propre avec des gants stériles était une dépense de matériel inutile pour certains.
Parce que pour d’autres, manipuler aseptiquement avec des compresses imprégnées d’un antiseptique alcoolique suffisait à ne pas infecter/surinfecter la zone proche du point d’insertion du cathéter qui de toutes les manières allait être nettoyée après le retrait du fixateur. Cependant les membres des comités de rédaction et de relecture connaissaient et manipulaient quotidiennement les PICCs. Ce qui n’était et n’est pas encore le cas de tous les soignants hospitaliers et en ville. Ainsi, le choix est resté en suspens. Cette liberté, aux conséquences financières modérées, permît également de faire intégrer 2 paires de gants dans les sets de soins pour réfection du pansement de PICC et (Midline) pour nos collègues du secteur extra hospitalier. Nous sommes comme vous, très sensibles à la question de la gestion des déchets mais quel est l’impact écologique de la prise en charge d’une infection sur PICC ? Nous sommes désolés de cette réponse à la Pyrrhus mais en l’absence d’études fortes faites en ville et à l’hôpital et avec du personnel expérimenté ou non, le choix perdurera. Voyons ceci comme une opportunité plutôt qu’une relativisation du bien-fondé des fiches techniques. Quoiqu’il en soit, merci beaucoup de nous avoir donné la possibilité de nuancer notre propos – chose toujours difficile à faire sur un document qui doit être synthétique pour capter l’attention-.
Deuxième question : Pourquoi retire-t-on la première paire de gants stériles après le nettoyage de la peau alors que dans les recommandations il faut la retirer après avoir retiré l’ancien fixateur ?
En fait, il nous a paru logique de suivre le raisonnement prôné pour l’insertion de l’aiguille de Huber. En effet, durant cette dernière, mains propres, la peau est nettoyée puis, les mains gantées stérilement, la désinfection est faite sur peau propre et l’aiguille qui restera sous le pansement au maximum 7 jours est manipulée avec des gants plus aseptiques que s’ils avaient servis au nettoyage préalable. Pour le PICC, le fixateur adhésif sera plus aseptique de cette manière.